Lutter contre la montée du masculinisme

J’ai co-signé une proposition de résolution au Parlement bruxellois pour lutter contre la montée du masculinisme, une idéologie dangereuse qui remet en question l’égalité entre les hommes et les femmes.

L’article de la RTBF

Mon intervention :

« Chers collègues, 

Lorsqu’une jeune fille hésite à écrire en ligne par peur d’être insultée ; lorsqu’une adolescente découvre son visage plaqué sur un corps nu, fabriqué par une intelligence artificielle et diffusé dans sa classe, via des réseaux sociaux toujours plus présents ; 

lorsqu’une femme est ciblée parce qu’elle s’exprime dans l’espace public : ce n’est jamais une simple attaque individuelle. C’est une tentative de restreindre la liberté des femmes.  

Cette liberté d’exister, de s’exprimer et de participer pleinement à la vie de notre société. 

C’est cela, le masculinisme. Ce n’est pas un débat d’idées abstrait. C’est une idéologie qui présente l’égalité entre les femmes et les hommes, durement gagnée jusqu’ici, comme une menace. 

C’est une idée qui se diffuse à grande vitesse sur les réseaux sociaux et qui vise d’abord nos adolescents. En France, le Haut Conseil à l’Égalité constate que près d’un quart des jeunes hommes adhèrent à certaines idées masculinistes.  

Chez nous, le Forum des Jeunes a interrogé plus de deux mille jeunes, et il en ressort que trois jeunes sur quatre en ont déjà entendu parler, le plus souvent sur les réseaux sociaux.  

Je veux le dire d’emblée : ce combat n’est ni de gauche, ni de droite. Pour mon groupe, il est profondément libéral. La liberté de chacun, de chaque femme de vivre, de parler, de circuler, de s’habiller, de s’afficher sans crainte, en ligne comme hors ligne.  

Ceci est réellement au cœur de notre projet. Et la sécurité, nous l’avons toujours dit, est la première des libertés. 

C’est pourquoi j’ai cosigné, avec mes collègues de la majorité, la proposition de résolution visant à lutter contre ce fléau. Elle a été déposée dès le mois de juin. Elle repose sur une méthode simple : comprendre, prévenir, former et protéger.  

Afin de mieux comprendre ce phénomène, nous chargeons safe.brussels de récolter des données fiables pour créer des politiques publiques efficaces. 

En ce qui concerne la prévention, nous demandons des campagnes ciblant un public large et des outils concrets pour les professionnels confrontés à ce phénomène. 

Nous voulons aussi associer les jeunes eux-mêmes à l’élaboration et à l’évaluation de ces politiques : ce sont eux qui connaissent le mieux ces espaces numériques. 

Quant à la formation, nous encourageons le développement de celle-ci au sein de la police. Notre ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, est déjà très impliqué dans cette cause et de nombreuses formations contre les violences sexuelles et intrafamiliales sont déjà mises en place. 

Et enfin, il est essentiel de protéger c’est-à-dire avoir un accès réel au soutien psychologique, juridique et social, avec des cellules EVA renforcées et un signalement en ligne simplifié. 

Notre texte va plus loin sur deux fronts que l’on oublie trop souvent.  

Le premier, ce sont les nouvelles violences liées à l’intelligence artificielle : plus de neuf vidéos deepfake sur dix sont pornographiques et visent presque exclusivement des femmes. Le second, c’est l’amont : notre texte prévoit des dispositifs d’écoute pour les jeunes qui s’interrogent sur leur propre comportement ou sur celui de leurs amis.  

Parce que nous ne voulons pas pointer du doigt les garçons, mais leur tendre la main pour les protéger également 

Enfin, nous demandons au fédéral et à l’Union européenne un contrôle renforcé des plateformes dont les algorithmes exposent des mineurs à ces contenus.  

Chers collègues, la réponse au masculinisme ne passera pas par plus de structures ni par plus de slogans. Elle passera par des parents, des enseignants, des animateurs et des policiers mieux outillés ; par des victimes mieux accompagnées ; par des plateformes enfin tenues responsables ; et par un message limpide adressé à nos jeunes : la virilité ne se mesure pas au mépris à l’égard des femme mais au respect mutuel.

Je vous remercie. »

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